Le paysage des stations-service en France évolue de façon considérable. Depuis les dernières décennies, on observe une diminution significative du nombre de petites stations-service traditionnelles, au profit des grandes surfaces. Cette tendance semble se poursuivre et s’accélérer au fil des années, avec des conséquences qui pourraient être néfastes sur le plan économique et social, notamment dans les zones rurales.
Une baisse constante et inquiétante du nombre de stations-service
En 2023, 122 établissements ont fermé leurs portes, soit un total de 234 distributeurs ayant disparu en seulement quatre ans. Ce phénomène a conduit à la réduction du nombre de stations-service en France, qui est désormais inférieur à 11 000. Selon l’Union Française des Industries Pétrolières (UFIP), cette tendance pourrait s’accentuer dans les années à venir : 27% des stations-service pourraient disparaître d’ici 2030, et un tiers d’ici 2035. Coïncidence troublante, cette dernière date correspond également à l’interdiction de vente de nouveaux véhicules équipés de moteurs thermiques en France.
Il est important de noter que si les petites stations restent plus nombreuses, leur part de marché ne cesse de diminuer face aux grands distributeurs. En effet, elles ne représentent plus que 37,9 % du marché, contre 62,1 % pour les grandes surfaces. Le fossé entre ces deux catégories de stations-service s’est aggravé au cours de l’année dernière, et il y a fort à parier qu’il continuera à se creuser dans le futur.
Des conséquences économiques et sociales pour les zones rurales
La disparition progressive des stations-service traditionnelles entraîne des répercussions sur le plan économique et social. Ces établissements, qui constituent souvent une source de revenus importante pour les propriétaires et les employés locaux, sont également un facteur essentiel pour la vie quotidienne dans certaines zones rurales. En effet, leur fermeture peut engendrer des difficultés d’approvisionnement en carburant et autres services essentiels (comme la vente de produits alimentaires) pour les habitants.
Afin de préserver ces structures et leur diversité, le Syndicat National des Stations-services Indépendantes (SNSI) plaide en faveur d’un soutien du gouvernement et de mesures incitatives pour favoriser la diversification de leurs activités. Par exemple, le développement d’offres complémentaires telles que la restauration, la vente de produits locaux ou encore la mise en place de points de recharge pour véhicules électriques pourrait aider à pérenniser leur modèle économique.
Le besoin d’une transition vers les énergies renouvelables
La perspective de la disparition des stations-service traditionnelles soulève également la question de la transition vers les énergies renouvelables. Dans un contexte où les transports représentent une part significative des émissions de gaz à effet de serre, il est crucial que cette transformation s’accompagne d’une adaptation et d’un développement des infrastructures liées à la mobilité durable.
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Des pistes pour sauvegarder les stations-service traditionnelles
Face à ces enjeux, il est nécessaire d’envisager des solutions pour préserver les stations-service traditionnelles tout en répondant aux nouvelles exigences énergétiques. Parmi les possibilités à étudier, on peut citer :
- Les partenariats avec les collectivités locales pour encourager le maintien des stations-service dans les zones rurales et leur diversification (vente de produits locaux, recharge électrique, etc.).
- La mise en place d’aides financières et/ou fiscales pour soutenir les propriétaires de petits établissements face à la concurrence des grandes surfaces.
- L’intégration de programmes de formation spécifiques pour les employés et gestionnaires de stations-service, axés sur les nouveaux enjeux du secteur (énergies renouvelables, mobilité électrique, etc.).
En conclusion, la disparition préoccupante des stations-service traditionnelles met en lumière plusieurs défis qui méritent une attention particulière de la part de l’ensemble des acteurs concernés. Il est essentiel de trouver un équilibre entre la préservation de ces structures et la nécessaire transition vers un modèle de mobilité plus respectueux de l’environnement et adapté aux besoins des populations locales.